Clément Vuillier

Clément, illustrateur nous entraîne à travers des forêts effrayantes, des jungles luxuriantes ou des montagnes abruptes tout droit sorties de son imagination. Ses dessins minutieux à l’encre et au crayon traduise un univers onirique et bouillonnant. Explorations tropicales ou explorations des abysses de l’âme, à chacun de se projeter dans un voyage fantasmagorique.
Allez, viens ! Plie bagage, on t’emmène !

Clément Vuillier en un mot, une phrase, un dessin ?
La Montagne !

C’est quoi ton parcours ?
Je suis passé par l’école Estienne (Paris) en DMA illustration après un bac Arts Appliqués à Toulouse, puis je suis entré aux Arts décoratifs de Strasbourg (ESAD) en 3e année d’illustration, jusqu’au diplôme de 5e année. Maintenant je travaille à Vitry, à côté de Paris.

Tes illustrations sont pour la plupart végétales et organiques, est-ce le cœur de ton inspiration ?
Je travaille beaucoup autour du paysage : ça peut être le paysage au sens classique du terme, mais aussi le paysage spatial, le paysage organique de l’intérieur du corps humain, le paysage fantasmatique… En ce moment, je suis super intéressé par les plantes et les fleurs, et l’incroyable richesse du répertoire de formes qu’on trouve dans le règne végétal. J’essaye de dessiner les plantes les plus outrancières possibles, mais jusqu’ici j’ai toujours trouvé pire (ou plutôt mieux) dans la nature.

Tu as fait l’École Estienne. Est-ce là-bas que tu as développé une sensibilité pour les techniques et les supports d’impression ? Vois-tu un lien entre technique d’impression et sujet ?
Je pense que c’est venu plutôt aux Arts déco, où j’ai vraiment hanté l’atelier de sérigraphie. C’est là qu’on a monté, avec Idir Davaine, la maison d’édition 3 fois par jour, et qu’on a fait nos armes. La plupart des premiers livres qu’on a sortis étaient faits entièrement en sérigraphie, d’une part pour la qualité du rendu, de l’autre par considération économique. On avait accès à l’atelier en permanence, et c’était l’outil idéal pour du micro-tirage. On s’est vraiment formés à l’impression ici, puis une fois sortis de l’école en augmentant les tirages et en passant à l’offset.
Je pense que l’apprentissage de cette technique de reproduction a orienté assez fortement la façon de construire, de réfléchir et de diffuser mes images. Il s’agit souvent de contraintes fortes, qui obligent à trouver des réponses et des techniques graphiques pour en faire son parti.

Tes univers, on aimerait y vivre ou sont-ils hostiles ?
Je ne sais pas pour y vivre, mais j’aimerais bien les voir en vrai. Il y a quand même beaucoup d’explosions et d’avalanches pour que ce soit complètement sympa au quotidien.

Ton travail est extrêmement minutieux, tu peux aller jusqu’à combien d’heures pour un dessin ?
Tant qu’il y a du café !

Comment ça se passe quand tu composes une image ? Tu te bases sur des photographies ou tu inventes de toutes pièces ?
Je n’utilise pas de photos au moment où je dessine, je me base sur des souvenirs d’endroits, de plantes, d’ambiances que j’ai déjà vus, ou que j’aimerais voir. Je vais assez souvent en montagne et j’essaye de retrouver dans le dessin des choses que j’ai pu y trouver sur place. J’ai aussi une base d’images (beaucoup de gravures anciennes, d’images populaires…) que j’alimente régulièrement quand je trouve de nouvelles choses, et qui constitue une sorte de répertoire de formes et d’archétypes de ce que peut être le paysage.

Tu travailles pour des clients, pour toi-même, les 2 ? Comment jongles-tu entre travail perso et commandité ?
Je travaille pour les deux, je bosse le matin sur mes commandes et l’après-midi sur mes boulots perso, et j’adapte s’il y a des temps de creux ou de rush. C’est assez scolaire !

En plus d’être dessinateur, tu es également auteur. L’un ne va pas sans l’autre dans ton art ?
Quand le projet s’y prête, mais je suis avant tout dessinateur. J’aimerais bien approfondir l’écriture, mais je manque encore de bouteille. Peut-être plus tard…

On a remarqué que tu faisais aussi de la sculpture et contrairement à tes illus, elle représente surtout des corps et visages humains, pourquoi ?
Oui, je m’y suis mis il y a deux ans, j’adore ça ! Je ne cherche pas trop à intégrer l’humain dans mes images au trait, mais en sculpture ça a été évident. Et l’énergie physique du travail à la tronçonneuse me permet de contrebalancer la rigueur du travail sur papier. J’aborde aussi la figure humaine sur de grands dessins flous, qui sont très différents de mon travail à la plume, mais qui sont pour moi une autre facette de ce que j’ai envie d’explorer.

Un conseil pour les jeunes (et moins djeun’s) illustrateurs ?
Mangez 5 fruits et légumes par jour.

Tu as le droit à un big up créa, il est pour qui ?
Lysiane Bollenbach en graphisme, et Jenna Kaës en design.

Une expo/un lieu/un plat/une chanson… qui t’a donné des palpitations ?
Du paté et Still loving you de Scorpions.

Quinconce ça veut dire quoi pour toi ? (pour nous ça veut dire beaucoup)
Une formation militaire !

Une actu au coin du feu ?
Je vais sortir deux livres au printemps. Le premier Les succulentes, aux éditions 3 fois par jour, est un recueil en riso (imprimé par le Studio Fidèle) de mes dessins de plantes. Le second, L’année de la Comète sortira aux éditions 2024 le 12 avril. Il s’agit d’un livre grand format qui fait la part belle au(x) paysage(s), et à tous les événements qui peuvent s’y produire.


Pour visiter les univers fantastiques de Clément, c’est par ici !

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